Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 11:13

La journée était déjà bien avancée à la Nurserie-Éducationnelle, lorsque Cégie reçu un PMT provenant du circuit de Kaël. Cela provoqua en elle une telle émotion qu’elle sentit son rythme cardiaque s’emballer. Elle dut attendre sept secondes que tout rentre dans l’ordre avant de pouvoir établir la communication avec lui.

       – Kaël, c’est toi ? Où es-tu ? Qu’est-ce qui se passe ?

– Cégie, lui dit-il, il faut que tu viennes me rejoindre au Centre-Antimaladie.

– Encore ! lui répondit-elle un peu agacée, mais tu sais bien que c’est très risqué. Emdébée peut me voir, et en plus les cours ne sont pas finis. Qu’est-ce que tu fais encore là-bas ?

– Écoute, je n’avais pas de cours cet après-midi et la dernière fois que nous étions ensemble à côté du Bloc-Opératoire, j’avais aperçu une inscription virtuelle signalant une Bibliothèque-Scientifique. J’étais bien décidé à m’y rendre un jour, mais je ne t’en avais pas parlé car je ne savais pas quand je pourrais mettre mon projet à exécution.

– Et aujourd’hui, tu as pu, c’est ça ?

– Oui, et je voudrais que tu viennes me rejoindre dès que tu le pourras. Il n’y a aucun danger. Tout le monde est en train de fêter le premier anniversaire du nouveau Bloc et personne ne fera attention à toi. Surtout qu’il y a des quantités d’invités extérieurs au Centre-Antimaladie. Je le sais, les deux éléments de mon Duo étaient invités, et je les ai suivis sans qu’ils me voient. Ils viennent juste de se télétransporter pour repartir. Viens ! Il te suffit de transplaner en pensant « Bibliothèque-Scientifique » du Centre-Antimaladie. Il n’y a aucun code antitélétransportation en place. Ils ont d’autres soucis aujourd’hui. Il y a cinq minutes, ils cherchaient partout des recharges de sirops colorés. Apparemment, ils n’en avaient plus pour teinter l’eau de boisson. Alors, faire une fête à l’eau claire ! Tu te rends compte de la honte ! 
    Cégie pensa qu'après tout elle avait un peu de temps car le cours suivant ne recommencerait que dans une demi-heure. Elle aurait dû, normalement, passer ce temps à la salle de Repos de la Nurserie-Educationnelle, mais sa curiosité était la plus fort et elle ne résista pas. Après tout, qui le saurait ? 

Elle pensa très fort « Bibliothèque du Centre-Antimaladie » et se réintégra dans une immense pièce, froide et remplie de livres et de dossiers en tout genre. Elle ne vit pas tout de suite Kaël et s’avança avec précaution pour ne pas piétiner les livres qui avaient été jetés au sol sauvagement.

       – Ne fais pas attention. Je rangerai avant de partir, l’entendit-elle crier du fond de la salle, j’ai eu un peu de mal à trouver le livre qui m’intéressait.

Par Catherine Langloys - Publié dans : Saga futuriste - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 10:13

 

 

14

 

 

 

Éducat reposa son livre. Il découvrait, en même temps que les enfants, toute cette tranche d’histoire qui n’avait été extraite que récemment d’une grotte nouvellement découverte. Il espérait que les enfants ne lui poseraient pas trop de questions sur la façon dont se perpétuait la race des Terriens. Il devait s’avouer qu’il n’avait pas du tout les connaissances nécessaires pour leur répondre, ni les idées claires sur ce sujet. Et apparemment, ce n’était pas la lecture des récits de Tépé qui allait beaucoup l’éclairer. Celui-ci n’en savait rien non plus, même s’il essayait de le cacher le mieux possible à Giel et Esselle.

 

Ce fut Cégie qui réagit la première et qui l’époustoufla comme d’habitude.

– Céel est en train de déchiffrer des documents électroniques sur les Humains de la Terre. Comme il sait que cela m’intéresse beaucoup, il me raconte tout ce qu’il découvre. Il y avait deux sortes de Terriens assez différents physiquement les uns des autres. Ils s’appelaient « Homme » et « Femme » et se réunissaient en mariage pour avoir des enfants. Et en effet, les enfants ne pouvaient se faire que si on oubliait la « pilule contraceptive » dont parle Tépé. Tout cela correspond tout à fait à ce que raconte Tépé. Mais, pour le moment, nous ne savons rien de la façon dont ils s’y prenaient pour fabriquer les enfants. En tout cas, ce n’était pas indiqué dans les documents déjà décryptés ; mais je suis bien sûre que nous finirons par le savoir. Ces documents sont très détaillés et racontent des tranches de vie entières de certaines familles. Ils finiront bien par en parler.

       – De toute façon, Cégie, ce n’est pas vraiment de ton âge de te préoccuper de ce genre de choses, lui dit en souriant Éducat. Tu as bien le temps, même si tu es particulièrement précoce. Tu n’auras pas à te rendre à la Banque-Embryonnaire avant au moins quinze ans pour y chercher le premier enfant du Duo que tu auras créé à cette époque.

       – On ne sait jamais ce que l’avenir réserve, rétorqua Cégie, vexée qu’on la prenne pour un Bébé. Elle avait cinq ans tout de même ! Je suis passionnée par tout ce qui concerne mes ancêtres. Si je découvre un jour chez eux quelque chose que je trouve plus intéressant que ce qui existe chez nous, je ferai tout pour que cela revienne dans notre civilisation.

 

Sa détermination plut à Éducat qui reconnut là son caractère bien trempé. Il fut certain, à ce moment précis, qu’elle tiendrait ses promesses.

Par Catherine Langloys - Publié dans : Saga futuriste
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 16:00

Tépé était certes fatigué, mais surtout il était contrarié de ne pas pouvoir éclairer davantage Esselle et Giel et n’était pas mécontent de les voir s’éloigner un peu. Il craignait la multitude de questions qui allaient suivre la révélation qu’il venait de leur faire, questions auxquelles il ne saurait pas répondre.

Esselle et Giel s’éloignèrent de lui et, très perplexes, se regardèrent et pensèrent la même chose au même moment : tout cela est bien trop compliqué pour nous, nous n’y arriverons jamais ! Ils restèrent un moment sans rien dire, se concentrant en eux-mêmes, pour réfléchir à la meilleure façon de s’en sortir.

– Bon ! lança Esselle qui reprenait le dessus très vite et n’avait pas l’intention de se laisser submerger par les événements, nous allons commencer par descendre au sixième sous-sol pour explorer l’Etage-du-Savoir, s’il existe encore, et puis nous verrons bien.

 

Ils étaient déjà au deuxième sous-sol par cet infâme escalier, devenu impraticable depuis le Flash-Dévastateur, lorsqu’ils éclatèrent de rire au même instant.

       – Pourquoi ris-tu comme ça ? demanda Giel à Esselle qui n’en pouvait plus de pouffer.

       – Mais, pour la même raison que toi, bien sûr !

       – Oui, on est vraiment trop bête ! gloussèrent-ils ensemble, mais il faut dire que l’habitude n’est pas encore acquise, alors on a des excuses. Allez, donne-moi la main et pensons très fort « Étage-du-Savoir ».

 

Ils se retrouvèrent, une seconde plus tard, au sixième sous-sol, sans aucun effort, et ravis de leur nouvel exploit. Il y avait là une énorme grotte, parfaitement aménagée, à laquelle ils n’avaient jamais eu accès. Elle était en effet réservée aux érudits de hauts niveaux, appartenant à la classe supérieure du savoir dans tous les domaines explorés de la science à cette époque. Le cataclysme n’était pas parvenu jusqu’à elle et tout y était intact. La grotte comprenait de nombreux départements correspondant chacun à un domaine, et pour plus de clarté chaque domaine était surmonté par un panneau mentionnant son objet.

– Tu as vu, Giel, dit Esselle, il y a une zone pour chaque documentation recherchée, des documents sur tous les sujets que nous devrons connaître : l’Intervention de la Sérénité, la confection des embryons, la fabrication des pilules nutritionnelles et bien d’autres sujets encore, même s’ils sont moins urgents pour nous à découvrir.

       – Si on commençait par la fabrication des pilules nutritionnelles, lui répondit Giel qui était bien plus intéressé pour le moment par ce qui se mangeait, et surtout par les pilules bleues, que par la reproduction de sa race.

       – Si tu veux, après tout il faut bien commencer par quelque chose.

Ils s’approchèrent du panneau concernant les pilules nutritionnelles et s’emparèrent du premier document, situé sur le premier rayon de la première bibliothèque.

 

Le chemin allait être long…

Par Catherine Langloys - Publié dans : Anticipation
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 18:19

Et voilà maintenant le plus important de mon discours : Vous aurez, à partir d’aujourd’hui, la charge de perpétuer votre race, dont vous serez très bientôt les derniers représentants.Vous allez vous rendre à l'Etage du savoir, qui est au sixième sous-sol. Là, vous trouverez tous les livres et toutes les explications nécessaires pour comprendre comment créer la vie dans des éprouvettes. De même vous apprendrez à connaître cette intervention et à la réaliser pour la perpétuer plus tard, dès que vos premiers bébés éprouvette auront atteint l’âge de treize ans pour les femelliennes et de quatorze ans pour les mâliens. Il est indispensable que cette coutume perdure pour le bien-être des générations futures.

       – Mais, Tépé, comment fait-on la différence entre les mâliens et les femelliennes ? argua Giel qui se sentait dépassé par les événements et à qui toutes ces instructions faisaient peur.

– C’est la différence qu’il y a entre les petits-enfants avant « l’Intervention de la Sérénité » cela se situe en haut des cuisses, et s’intitule les organes reproducteurs. Vous avez pu constater par vous-mêmes avant votre « Intervention de la Sérénité » que vous n’étiez pas tous fabriqués de la même façon. Alors que les adultes n’ont plus aucune distinction morphologique. Les organes reproducteurs, externes et internes, sont extraits au cours de l’intervention laissant les Terriens asexués et égaux entre eux à tout point de vue.

       – Tépé, comment fabriquait-on les enfants avant que la surpopulation ne pousse les survivants à rendre obligatoire cette intervention ? questionna Esselle dont l’imagination, pourtant fertile, ne parvenait pas à concevoir une autre méthode que celle des éprouvettes qu’elle avait toujours connue.

            – Je ne le sais pas très bien, répondit Tépé, gêné de ne pas pouvoir répondre à cette question. Le patriarche ne m’a donné aucun détail là-dessus. C’est exactement comme s’il ne souhaitait pas que je le sache, comme si notre civilisation ne devait pas connaître une autre méthode que celle des éprouvettes. Je sais simplement qu’il y avait des « Hommes » et des « Femmes » qui étaient différents entre eux et qui faisaient des enfants ensemble. Cela semblait les distraire. Les femmes étaient « enceintes », je pense que cela veut dire qu’elles jouaient le rôle de l’éprouvette, et il existait un moyen, appelé « pilule contraceptive » qui évitait de devenir enceinte, comme si cette pilule détruisait l’éprouvette. Mais, je pense que ce n’est pas très important, vous devrez, pour votre part, vous contenter de connaître la façon dont fonctionne notre civilisation actuelle. Vous aurez déjà bien du travail pour tout intégrer, car vous n’avez que dix-huit ans et beaucoup de choses vous sont encore étrangères. Je pense que vous devez commencer tout de suite votre apprentissage. Je vais maintenant me reposer un peu car je sens des douleurs dans les tempes et mes idées se font un peu floues. Descendez à l’Étage-du-Savoir, en espérant qu’il n’a pas été détruit par le grand souffle et commencez à vous familiariser avec tous les livres que vous allez y découvrir, mais revenez me voir de temps en temps, même si vous êtes captivés par ce que vous allez apprendre, car j’aurai encore un peu besoin de vous pour me nourrir.
Par Catherine Langloys - Publié dans : Saga futuriste - Communauté : Littérature Jeunesse
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 08:57

– C’est une des grandes différences entre la civilisation des Humains et la nôtre, et c’est un peu compliqué à expliquer à des enfants comme vous qui n’ont jamais eu la moindre idée de ce qu’est la reproduction des espèces. Moi non plus je ne l’ai pas très bien compris, bien que le dernier patriarche ait tenté de me l’expliquer. Il y a bien longtemps que notre civilisation a contourné ce problème de surpopulation par des méthodes radicales. Mon état de faiblesse ne va pas me permettre de tout vous expliquer. D’ailleurs, comme je vous l’ai dit, j’en serais incapable. Mais, il faut tout de même que vous sachiez que depuis au moins trois cents ou quatre cents ans, je ne sais plus exactement, les habitants de la grotte sont soumis à une intervention chirurgicale dont le but caché est de les rendre tous égaux entre eux, et de les empêcher de fabriquer des enfants comme leurs ancêtres. Avant que le dernier patriarche ne m’explique le but de cette intervention, je pensais, comme vous, qui y avez été soumis à l’âge de treize ans pour Esselle, et quatorze ans pour Giel, que cette opération n’avait de raison d’être que dans le merveilleux état de sérénité qu’elle engendrait. Elle devait mettre les habitants de la grotte à l’abri de toute querelle de voisinage, de toute perturbation de l’humeur, et de toute idée malveillante à l’égard d’autrui.

C’était « l’Intervention de la Sérénité » et cette explication me satisfaisait sans que je cherche à en savoir plus. Ce n’est donc qu’il y a peu de temps que j’ai appris la vérité. Cette intervention sert en fait à limiter la population. Même si, dans le même temps, elle rend, en effet, les Terriens rescapés plus doux et malléables. J’ai toujours pensé, comme tous ceux qui habitent dans cette grotte, que les Bébés ne pouvaient commencer leur vie que dans une éprouvette car je n’ai jamais connu autre chose. Mais, il semble que ce n’était pas la façon de procéder des Terriens pour perpétuer leur race. Seulement, voilà, nous ignorons tout de leur coutume sur ce plan-là.

La Banque-Embryonnaire, dont vous avez sans doute déjà entendu parler, se trouve au dixième sous-sol, juste au-dessus de l’étage de glace. C’est le même étage que celui des réserves nutritionnelles où vous avez pu vous rendre par télétransportation hier. C’est dans cette Banque que sont conservées les cellules issues des jeunes Terriens, mâliens et femelliennes. Ces cellules sont prélevées au moment de « l’Intervention de la Sérénité » et sont ensuite conservées congelées pour être assemblées dans des éprouvettes, suivant un certain rite, afin qu’une nouvelle vie puisse éclore. Les nouvelles vies sont ainsi exactement limitées au nombre que l’on désire.

Par Catherine Langloys - Publié dans : Anticipation - Communauté : Littérature Jeunesse
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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 15:18

Tépé s’arrêta quelques instants pour reprendre son souffle et rassembler ses idées et ses souvenirs.

– Voilà, mes enfants, comment est née cette nouvelle civilisation souterraine et à peu près démocratique dont nous sommes issus.

 

Pendant quelques années, tout se passa très bien. Les Terriens étaient arrivés à trouver chacun leur place et leur rôle. Les cinq chefs de familles se contentaient des différentes responsabilités que leur laissait habilement Algab, et avaient fini par accepter sa suprématie, constatant que jamais il n’avait failli à ses responsabilités, ni laissé un problème sans solution satisfaisante pour tout le monde.

Il y avait, dans la communauté, différents corps de métiers. Un médecin, un chirurgien, un ingénieur, un informaticien-électronicien, un nutritionniste, un bricoleur et bien d’autres qui pouvaient régler les anomalies de fonctionnement en tout genre aussi bien pour les Humains que pour le matériel. Et, au début, les vivres étaient bien suffisants. Mais, au bout de quelques années, la population de la grotte commença à augmenter de façon inquiétante. Les femmes étaient enceintes tous les ans. Les hommes étaient ce qu’ils étaient… Les distractions étaient limitées dans la grotte et les Terriens qui avaient emmagasiné les réserves n’avaient pas pensé aux pilules contraceptives. La population augmentait donc de quinze Terriens par an, puisqu’il y avait dans la grotte quinze femmes jeunes et capables de procréer. Puis au bout de seize ans la deuxième génération commença elle aussi à se reproduire et cette explosion démographique ne fit que croître et embellir pendant plus de cent ans. La disparition des nombreux Terriens qui avaient tenté de sortir de la grotte et n’étaient jamais revenus, vite anéantis par les restes de radioactivité, ne suffisait pas à stopper cette croissance infernale. La place et les vivres n’allaient pas tarder à manquer si rien n’était tenté pour régler ce problème.      

– Qu’est-ce que cela veut dire, Tépé, une femme enceinte et une pilule contraceptive ? demandèrent en chœur Giel et Esselle qui avaient du mal à suivre le discours de Tépé et souhaitaient des éclaircissements.

Par Catherine Langloys - Publié dans : Saga futuriste - Communauté : Littérature Jeunesse
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 09:55

Algab était très fier de cette marque de confiance absolue que venaient de lui donner les Terriens rescapés. Toutefois, il s’inquiétait quelque peu de l’incidence qu’allait avoir sa pulsion sur sa vie future. Il commençait à entrevoir le flot de responsabilités qu’il allait devoir assumer alors que rien ne l’y avait préparé. Il décida, en lui-même, que le sort en avait ainsi décidé et qu’il n’avait plus qu’à se soumettre et à faire pour le mieux. Dans l’immédiat, sa tâche la plus urgente était de calmer les chefs de clan. Dépités par les résultats, ils s’étaient regroupés dans un coin de la grotte et semblaient comploter d’une façon qui ne plaisait guère à Algab. Celui-ci les interpella et leur demanda de ne pas faire bande à part ainsi et de rejoindre le groupe car il avait une déclaration à faire. Les cinq chefs se soumirent de mauvaise grâce et Algab reprit la parole :

– Je suis sûr de ne pas pouvoir tout assumer tout seul, et de plus je suis encore très jeune, donc je vais avoir besoin de conseillers dans bien des domaines. Je suis certain que la grande expérience des différents chefs de clans me sera très utile. Je propose donc au comité que les chefs de clans deviennent mes conseillers chacun dans le domaine qu’il connaît le mieux. D’autre part, je propose que chaque chef de clan ou de famille reste responsable des Terriens de son clan et en prenne le nom. Je souhaite que ces deux propositions soient soumises à un vote à main levée, ajouta-t-il, affirmant ainsi sa volonté de ne rien faire ni décider tout seul, sans avoir obtenu l’aval de la majorité.

 

Dix-neuf mains se levèrent sans hésitation. Les cinq chefs de familles, quant à eux, après une légère hésitation, pensèrent que ce jeune garçon serait incapable de se débrouiller sans eux et qu’ils pourraient l’évincer facilement. Ils finirent donc par lever la main également, bien certains que leur jeune congénère les appellerait au secours à la première difficulté. Ils ne pouvaient de toute façon pas aller contre l’avis de la majorité. Cinq personnes ne faisaient pas le poids contre dix-neuf.

Par Catherine Langloys - Publié dans : Saga futuriste - Communauté : Utopia
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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 11:34

L’incroyable se produisit une nouvelle fois. Après l’effet de surprise de voir un aussi jeune Terrien prêt à assumer une telle responsabilité, ils se mirent tous à crier en chœur : Algab ! Algab ! Algab ! Tous ressentaient confusément qu’il avait l’étoffe d’un vrai chef et non pas celle d’un médiocre chefaillon comme l’étaient les différents chefs de clan. Tous savaient que lui seul avait le pouvoir de les rassembler ! Algab laissa l’effervescence retomber et calmement reprit la parole :
    – Nous allons procéder au vote. Que chacun écrive le nom d’un des candidats sur un morceau de papier et la plus jeune de notre communauté va passer parmi nous pour les ramasser.

Chacun s’exécuta et Mol, qui venait d’avoir neuf ans, récolta les papiers dans une grande corbeille. Spontanément, elle l’apporta à Algab.

– Merci Mol, lui dit-il en y déposant lui-même son vote, mais ce n’est pas à moi d’ouvrir tous ces papiers, c’est au plus âgé d’entre nous. Apporte-les à Agma qui va s’en charger devant tout le monde afin qu’aucune contestation ne soit possible.

Agma récupéra la corbeille et commença à ouvrir les papiers un par un, les posant ensuite près de lui, bien ouverts pour que tout le monde constate qu’il ne trichait pas.

 – Algab… Algab… Algab…, annonçait-il à la lecture de chaque nouveau papier.

 

À la fin du dépouillement, il y avait dix-neuf voix pour Algab. Les cinq autres voix étaient pour chacun des chefs de clan. Ceux-ci, dans leur grande vanité et leur désir de pouvoir, avaient donc sûrement voté chacun pour eux-mêmes.

Par Catherine Langloys - Publié dans : Anticipation - Communauté : SOIF DE LIRE...
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 07:11

Algab n’avait pas vu le temps passer depuis une semaine. Déjà le grand jour du premier anniversaire de leur vie en communauté dans la grotte était arrivé et il n’avait pas chômé pour préparer le grand festin dont il avait eu l’idée. Chacun l’avait aidé à sa façon, plus ou moins efficace, mais tous avaient participé, et c’était bien le principal.

Les denrées avaient été choisies pour être les plus festives possibles, même si les débordements n’étaient guère compatibles avec la rationalisation des vivres qui avait fini par s’installer dans les différents clans. Il n’y avait bien sûr pas d’aliments frais – hormis quelques poissons que les enfants s’étaient amusés à pêcher dans la rivière souterraine – mais ils avaient fait des merveilles avec les conserves et les produits lyophilisés qu’ils avaient agréablement présentés. Les plats, de toutes formes, emmagasinés avant la catastrophe atomique dans les grottes en tant que vestiges de la civilisation humaine, avaient été sortis pour la circonstance ainsi que les tonneaux de boissons diverses qu’il fallait d’ailleurs boire sans attendre car elles ne se conserveraient pas aussi longtemps que les aliments.

Tout le monde était présent, aucune défection n’était à déplorer et juste avant le début du repas tous les regards se tournèrent vers Algab, comme si chacun attendait quelque chose de lui. Un des chefs de clan prit la parole.

– Algab, tu avais parlé la semaine dernière de profiter de cet anniversaire pour organiser le comité qui nous permettra de vivre démocratiquement. Le moment est venu de nous montrer si tu es capable de tenir tes promesses et de nous réunir tous autour d’un projet commun. Pour ma part, je ne le pense pas car nous sommes trop différents les uns des autres à tous points de vue et tu n’obtiendras jamais un consensus. Mais nous voulons bien voir comment tu vas te ridiculiser !

Algab ne se laissa pas démonter par ce discours peu encourageant et répliqua aussitôt :

 – Nous sommes vingt-quatre adultes et nous sommes tous là, je pense que c’est déjà un bon début. Nos différences seront des atouts pour la recherche de la meilleure solution à chaque problème qui se posera au comité. En ce qui concerne les membres du comité, personne ne devra être exclu, tout le monde doit participer. Mais, une instance comme celle-là ne pourra devenir efficace que si une seule et même personne tranche, en dernier ressort, à la suite des débats tenus par l’ensemble des membres. Cette personne doit être démocratiquement élue par tous les membres. Chacun a le droit de se présenter. Je propose donc que ceux qui le souhaitent se manifestent pour poser leur candidature au poste de responsable de comité.

La pire des cacophonies s’ensuivit. Les cinq chefs de clans voulaient bien sûr se présenter et, de surcroît, de nombreux Terriens, hommes et femmes s’étaient sentis attirés par cette nouvelle responsabilité. Une quinzaine de personnes levèrent la main en s’interpellant les unes les autres. Algab regardait cette pagaille et commençait à se dire que ses congénères étaient réellement insupportables et qu’il n’obtiendrait jamais rien d’eux. Il avait au moins eu le mérite d’essayer ! Toutefois, au lieu de se décourager complètement et de renoncer à son idée, il prit encore une fois la parole, mu par une impulsion incontrôlable et, de nouveau, tout le monde se tut.

 – Je souhaite moi-même me présenter pour prendre la responsabilité du comité ! dit-il tout à coup sous l’effet de la colère. Voir de nouveau tout le monde se disputer le mettait hors de lui. Cinq minutes avant, il n’avait aucune intention de présenter sa candidature, mais c’était sorti tout seul et il sentait que maintenant il allait falloir assumer.

Par Catherine Langloys - Publié dans : Anticipation - Communauté : Livre parcours
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 19:30

 

13

 

 

 

Nous allons dans la grotte rejoindre Giel et Esselle qui ont bien du mal à tenir en vie leur patriarche Tépé, dit Éducat d’une voix forte pour obtenir le silence dans sa classe excitée par la perspective de ce nouveau récit.

 

*

 

Giel et Esselle durent attendre deux jours, soignant Tépé sans relâche et lui faisant délicatement boire de l’eau, goutte-à-goutte, en lui entrouvrant la bouche avec précaution. Voyant qu’il n’ouvrait toujours pas les yeux bien qu’il soit conscient, ils décidèrent d’écraser quelques pilules nutritionnelles dans l’eau afin de lui apporter les nutriments nécessaires à sa survie. Ce nouvel apport, plus consistant, lui réussit si bien qu’au bout de quelques heures il émergea et les regarda de son air doux et résigné. Esselle et Giel savaient bien qu’il souffrait, aussi bien physiquement que moralement, mais Tépé ne voulait rien laisser paraître et ne se plaignait jamais.

       – Mes enfants, comment pourrais-je vous remercier de vous occuper ainsi de moi, je suis un fardeau bien encombrant pour vous !

       – Tépé, nous te soignerons tant que tu en auras besoin, répondirent-ils en choeur. Pour le moment il faut reprendre des forces et, dès que tu le pourras, tu nous raconteras la suite de ton récit, car nous sommes impatients de la connaître.

       – Eh bien ! Je pense que le moment est venu, je me sens beaucoup mieux, alors asseyez-vous et écoutez !

 

Tépé se concentra, sembla regarder très loin en lui-même et, tout à coup, les paroles sortirent de sa bouche sans plus s’arrêter.

Par Catherine Langloys - Publié dans : Saga futuriste - Communauté : Lettres et littérature
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